RECEC
LE RESEAU DES CAISSES D'EPARGNE
ET DE CREDIT DES FEMMES DE DAKAR

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      La dynamique partie de Grand Yoff, va s’étendre progressivement à plusieurs quartiers de Dakar. Des femmes des quartiers périphériques ( Ouakam, Grand Dakar, Médina ) ont au fur et à mesure sollicité la caisse de Grand Yoff pour trouver les ressources nécessaires au développement de leurs activités économiques. La prise en compte de ces demandes entre dans le cadre du programme de lutte contre l’exclusion et l’appauvrissement de la femme.

      L’analyse de la nouvelle situation ainsi créée a permis de constater que l’accroissement du nombre de membres venant d’autres quartiers risquait de réduire la pression sociale, gage essentiel du bon recouvrement des créances.

      Partant de ce constat, les femmes de Grand Yoff ont développé une stratégie d’encouragement et d’appui à la création de caisses auto gérées par les femmes de ces quartiers avec l’accompagnement de la caisse mère de Grand Yoff.

      Ce processus s’est fait en 2 étapes :

  •     1ère étape : La création de caisses périphériques
    Cette première a commencé en 1992 avec l’ouverture des caisses. La stratégie développée dans ce sens consiste à accompagner les groupes de femmes lors de séances d’animation dans les quartiers.
    Cet accompagnement se fait sous la forme de consultations réalisés directement par les femmes de Grand Yoff qui ont acquis aujourd’hui une expertise en matière d’animation, d’organisation et de gestion de caisses d’épargne et de crédit. Cet appui apporté par des femmes en terme de formation à d’autres femmes est une forme de reconnaissance de valorisation et d’utilisation réciproque de l’expertise populaire féminine.
    Au démarrage les gérantes sont choisies par les groupements concernés sur la base de la confiance et du volontariat. Elles suivent une formation pratique à la caisse de Grand Yoff. La caisse de Grand Yoff fournit les fonds et supporte les charges de fonctionnement.
    C’est ainsi que sont ouvertes les caisses de la Médina et de Grand Dakar en 1992 et de Ouakam en 1993.
    L’ensemble de ces 4 caisses compte en 1994 près de 7 800 membres dont près de 2 900 pour Grand Yoff.

  •     2ième étape : L’accélération du processus

    • La création des caisses à partir des guichets
          En 1996, les résultats obtenus ont prouvé que dans le domaine de la collecte de l’épargne le guichet occupe une position stratégique. Le guichet du marché Zinc de Pikine verse chaque mois environ 6 000 000 f cfa d’épargne.
          Les réflexions autour de ces résultats ont amené les femmes à revoir leur démarche pour l’ouverture de caisses. Le guichet peut être le point de départ vers l’ouverture d’une caisse. Quand l’épargne collectée par un guichet atteint un certain seuil ont transforme ce guichet en caisse et on développe d’autres guichets qui lui seront rattachés.
          Les caisses de Pikine et des Parcelles Assainies ont été ouvertes selon ce modèle, d’autres tels que Colobane, Guinaw Rail, Castors ont suivi l’exemple.
          Lorsque la caisse est mise en place, le guichet se sèvre de la caisse qui a servi d’appui. La nouvelle caisse développe d’autres guichets qui lui seront rattachés.
          Les femmes développent leur expertise et accompagnent les femmes des zones environnantes lors des séances d’animation pour l’ouverture de guichets .
          L’expérience a démontré que toutes les caisses qui ont ouvert plus de 3 guichets ont une base solide de collecte de l’épargne qui s’est répercutée sur leur capacité à répondre aux sollicitations des membres en matière de crédit.

    • L’autonomisation sur le plan financier
          Dans la première démarche du réseau, c’est la caisse de Grand Yoff qui supportait toutes les charges des caisses périphériques avec l’appui d’ENDA GRAF. Chaque caisse périphérique commence à supporter une partie des charges telles que les fournitures à partir de la 3 éme année de démarrage.
          A la fin de l’exercice 1997, les résultats de l’audit des caisses ont démontré que l’atteinte de l’autonomie financière pour les caisses n’est pas une utopie et que 3 caisses pourront se prendre en charge entièrement à partir de 2001. Il est même probable qu’elle se fasse plus rapidement avec les autres caisses.
          Les différentes caisses tout en étant autonomes échangent et s’auto- renforcent dans la réflexion à travers un réseau dont l’épicentre est la caisse de Grand Yoff logée dans les locaux d’ENDA GRAF. dans les zones à fort peuplement exclu du système bancaire moderne, dans le cadre d'une interaction entre les femmes.
          Grâce au crédit on assiste à un changement de position de certaines femmes qui ont su faire fructifier le capital que la caisse leur avait accordé. Ces femmes bénéficient d’une position plus importante dans le processus de prise de décision au sein de leur ménage. Avec les revenus qu’elles tirent de leurs activités, elles parviennent à contribuer aux charges de la famille en ce qui concerne notamment l’éducation des enfants, l’équipement, les soins de santé, l’alimentation etc. Certaines d’entre elles vont plus loin en occupant la place de leader politique dans leur quartier ou leur communauté de base.
          Les activités de la caisse offrent ainsi aux femmes la possibilité de participer au développement de leur cité. Dans ce sens, les CEC constituent un lieu d’apprentissage de démocratie participative pour les membres. Cela est d’autant plus vrai que ces activités ne se limitent pas seulement au crédit et à l’épargne. Leur partenariat avec les Comité de Développement Local leur permet d’élargir leur zone d’intervention et de s’impliquer d’avantage dans la gestion de leur cité.